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programmation pluriannuelle de l’énergie

Le Premier ministre a enfin dévoilé la programmation pluriannuelle de l’énergie, après cinq années de travaux et de consultations et près de trois ans de retard sur le calendrier initial. Tour à tour, les gouvernements Borne, Attal, Barnier et Bayrou ont renoncé à publier ce texte hautement inflammable.  La programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) s’est enlisée sur fond de guerre en Ukraine et d’instabilité politique. Entre-temps, la baisse de la demande d’électricité a crispé les relations entre le nucléaire et les filières renouvelables, (nous reviendrons prochainement sur l’intermittence, la suffisance énergétique) encouragée par une « guerre des religions » opposant les Verts et LFI pro énergies renouvelables, au RN et à une partie de LR pro nucléaires. Au milieu, le camp macroniste prônait le « en même temps » (sources Les Echos) : Il lui fallait  sortir un peu des énergies fossiles vu les faibles moyens dont dispose l’état s’il veut développer son nucléaire. (Pour rappel : la France produit son électricité décarbonée à partir du nucléaire, mais dépend des fossiles pour tous les autres usages énergétiques: transport, industrie, logements… L’objectif est d’électrifier tout cela, de passer de 60 % d’énergies fossiles dans la consommation finale française aujourd’hui à 60 % d’énergies décarbonées d’ici 2030.Plus ces secteurs passeront à l’électricité, plus le plan nucléaire se justifiera.

 Au final, la PPE diminue la part des renouvelables, notamment du solaire, et donne la part belle au nucléaire.La troisième programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE 3) était très attendue par les industriels, car même si elle n’est jamais respectée, elle dit le droit, définit  ses engagements :comment produire davantage d’énergie française, décarbonée et compétitive, pour protéger le pays et préparer l’avenir. Concrètement, elle indique combien d’électricité nous consommerons, comment nous la produirons et quels investissements seront réalisés. Les engagements ont valeur aujourd’hui devant la Cour Internationale

La France fait le pari d’une électrification progressive et massive de l’économie : véhicules électriques, pompes à chaleur, électrification de l’industrie, data centers, etc.

Il est intéressant de remarquer que la demande en électricité domestique a baissé en Europe respectant ainsi le conseil d’économiser . 

Mais la demande mondiale d’électricité augmente à un rythme vertigineux. D’ici 2035, elle devrait progresser de plus de 10 000 térawattheures, soit l’équivalent de la consommation totale de l’ensemble des économies développées actuelles. On laisse se développer de nouveaux secteurs trop énergivores. L’utilisation de l’intelligence artificielle par exemple, exerce une pression énorme sur les réseaux électriques, et nombreux sont ceux qui pensent que, pour répondre à ce besoin sans contribuer à la crise climatique, une expansion à grande échelle de l’énergie nucléaire est essentielle. Les technologies d’IA fonctionnent grâce aux centres de données, et la consommation électrique d’un centre de données de taille moyenne équivaut à celle de 100 000 foyers. Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), la demande des centres de données a augmenté de plus de trois quarts entre 2023 et 2024 et devrait représenter plus de 20 % de la croissance de la demande d’électricité dans les économies développées d’ici 2030.

Relayant l’info parisienne ou locale entre municipales et sport, la presse locale néglige les infos qui nous concernent sur la géopolitique du bassin. La rencontre d’Ankara était pourtant l’occasion de revenir sur le casus belli existant entre la Turquie et la Grèce, et surtout d’évoquer la multiplication des forages pétroliers en Méditerranée. Rappelons qu’Ankara considère comme un motif de guerre le fait que la Grèce étende ses eaux territoriales en mer Égée de six à douze milles marins, arguant que cela limiterait l’accès de la Turquie à la haute mer et menacerait sa sécurité navale. Tout compromis aurait un coût politique important au niveau national, ce qui incite les deux parties à la prudence. Pour Afentouli qui dirige actuellement le département diplomatique du groupe de réflexion ELIAMEPl’ouverture des portes de l’UE reste un levier essentiel pour la diplomatie grecque et chypriote (sources Euractiv)

Athènes et Nicosie devraient mener une diplomatie ouverte vis-à-vis de la Turquie et éviter l’isolement au sein de l’UE.Ankara met en avant sa « patrie bleue », multiplie les forages dans les eaux chypriotes, ébranlant un équilibre déjà fragile avec Athènes et n’a pas vocation à entretenir de réelle relation amicale avec ses voisins européens, à l’heure où Erdoğan avance ses pions frontalement Si la protection américaine se réduit en Méditerranée, cette évolution rappelle la nécessité pour l’UE de reprendre en main un espace trop longtemps considéré comme secondaire. Pourtant, ce bassin demeure un carrefour stratégique parcouru par des lignes de fracture profondes. 

Les rivalités mondiales se superposent à ces tensions locales. Les États-Unis, focalisés sur la compétition avec la Chine, considèrent la Méditerranée comme un théâtre moindre, tandis que Pékin investit massivement dans les ports grecs ou italiens dans le cadre de ses « Nouvelles routes de la soie ». Les membres de l’UE s’avèrent incapables d’adopter une position commune : Rome, confrontée à des difficultés financières, accueille favorablement ces capitaux ; Berlin redoute une dépendance stratégique ; et Paris tente de promouvoir un « Buy European Act » appliqué à l’armement et à l’énergie.