ONE HEALTH (en direct de lyon)
TUNISIE et la RAM
Dans le cadre de One Health, la TUNISIE a mis en place une approche claire dans sa lutte contre la résistance aux antibiotiques désignée par l’OMS comme la prochaine grande épidémie, la « pandémie silencieuse » qui provoque, toujours selon l’OMS, déjà plus d’un million de décès par an.
Dès 2019 la Tunisie se lance dans le Plan d’action national de lutte contre la résistance aux antimicrobiens (PAN-Tunisie) 2019-2023, adopté par les ministères de la Santé et de l’Agriculture. Elle lance des campagnes de communication à l’intention du public, investit dans la surveillance de l’usage des antibiotiques dans les hôpitaux en comptant sur la présence d’experts en infectiologie afin de mieux maitriser l’hygiène des hôpitaux et les infections nosocomiales.
DE LA LOGIQUE DU BON USAGE A CELLE DE L’INNOVATION
En 2025, suivant la déclaration de Carthage et l’impulsion de l’OMS, de nouvelles actions sont lancées. Côté agriculture, tout n’est pas gagné : la vente sans ordonnance des antibiotiques (surtout animaux) existe encore.
La Tunisie décide de suivre les pratiques d’élevage afin de réduire l’usage à la source. Elle prône la prévention, les stratégies vaccinales, la phytothérapie et les solutions naturelles (plantes/ huiles….).
Côté santé , s’engage l’action de « modification du microbiote », restaurer un équilibre microbien pour empêcher les bactéries résistantes de proliférer, mieux manger. Car si 3% seulement de la population souffre de la faim en Tunisie, 20% n’ont pas les moyens d’avoir une alimentation saine. Le défi est donc de taille.
L’APPROCHE INTERNATIONALE
En termes de recherches, en collaboration avec la France et l’Europe, la Tunisie développe des plateformes numériques qui collectent les données, en accélérant la détection précoce des résistances (projet soutenu par la Banque Mondiale) et le développement de la phagothérapie (utilisation des phages, virus dévoreurs de bactéries). Les phages infectent uniquement certaines bactéries, ils les détruisent sans affecter les cellules humaines.
La phagothérapie sera-t-elle une lutte durable ? Les études et expériences menées jusqu’à présent montrent que les effets secondaires des phages sont faibles, à condition que les principes de sécurité importants soient respectés.
La France tient à devenir modèle européen et à développer la recherche. A Lyon, dans cette ville qui est depuis 2024, le siège de l’OMS. Emmanuel Macron a réaffirmé le soutien de la France au multilatéralisme, la nécessité d’une science libre et indépendante, la poursuite du travail de PREZODE et son élargissement, un plan d’information sur les perturbateurs endocriniens, l’accélération de la convergence vers une étude des produits alimentaires ultra transformés, la rationalisation des gouvernances et la poursuite des engagements via la Convention plastique.
Alors que les panels scientifiques n’ont cessé de dénoncer les effets des pollutions, l’influence des maladies animales sur la santé humaine, les atteintes aux écosystèmes, on attendait sans doute des annonces de mesures préventives sur les dangers de l’agricultures productiviste, sur la destruction des sols, sur la gestion de la santé animale, des élevages …
D Martin Ferrari
