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Histoire de manif. Octobre 2026

On leur reprochait l’indifférence, l’égoïsme, l’incapacité à se parler. Ils n’avaient connu que les marches climat, mais comment se politiser contre le ciel ? Puis étaient venues les guerres contre l’Ukraine, contre Gaza …La simplicité se lisait dans les discours extrêmes. Adoptés. Personne d’autre ne leur parlait. 

Alors vint une première marche : ras le bol de l’absence de PQ, de se geler à la rentrée et de cuire aux examens, d’angoisser face à un avenir plein de pièges. Ils apprirent à se parler au-delà de leurs écrans, à chanter ensemble, à crier ensemble …

Puis des ovnis les rejoignirent : des syndicalistes, des porteurs de drapeaux d’un autre âge que le leur. Ils apprirent à défiler ensemble réunis par la musique. On leur confia des papiers qui les guidaient vers les paroles d’un chant vieux d’un siècle dont ils connaissaient l’air mais pas les paroles . Pour la première fois ils chantèrent l’Internationale aux côtés de la Marseillaise. Ce fût leur première expérience politique, leur première rencontre de l’autre, et comme on ne pouvait décemment pas se rallier autour du PQ, ils apprirent des medias que « la vie chère » rassemblait . 

Une nouvelle génération venant d’être confrontée au fascisme, non par les livres ou les films, mais par la rue et les marches solidaires. Restait à dénoncer la violence et les extrêmismes.

Un premier pas était fait : déjà ils avaient appris à distinguer un anar, un trotskiste, un black block , l’ordre républicain, son droit inviolable, et les petits traits de couleur sur les casques des forces de l’ordre qui signaient les corps d’élite.

Aux forces démocratiques désormais de poursuivre le travail, la curiosité autorisait l’écoute, la chrysalide était devenue papillon.

D Martin Ferrari