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L’ONU adopte une résolution pour obliger les États à prendre des mesures contre le réchauffement climatique

Un acte symbolique fort qui devra être suivi d’actions concrètes. Ce mercredi 20 mai 2026, l’ONU a adopté, en assemblée générale à 141 voix contre 8, une résolution qui entérine l’obligation des États à lutter contre le changement climatique. Dans un message publié sur X dans la foulée du vote, le secrétaire général de l’ONU, António Guterres a salué cette « affirmation forte du droit international, de la justice climatique, de la science et de la responsabilité des États à protéger les peuples ».

La résolution était soumise au vote par le gouvernement du Vanuatu. Cet État du Pacifique fait partie des plus menacés à court terme par le dérèglement climatique et la montée des eaux. C’est aussi l’un des pays les plus engagés dans la lutte contre ses effets. En juillet 2025, déjà, le Vanuatu avait obtenu une victoire en recevant un avis consultatif de la Cour internationale de justice (CIJ) indiquant que les États ont l’obligation de réduire leur utilisation des énergies fossiles et de prendre des mesures contre le changement climatique.

États-Unis, Arabie saoudite, Russie… Les plus gros émetteurs de gaz à effet de serre refusent de signer la résolution

La résolution de l’ONU est donc une nouvelle étape dans la reconnaissance de la responsabilité des États dans cette lutte. Mais elle doit être nuancée. D’abord, parce que huit pays ont sciemment choisi de voter contre. Parmi eux, on trouve les États-Unis, déjà sortis de l’accord de Paris sur le climat sous l’impulsion de Donald Trump. Au côté du 2e plus gros émetteur de gaz à effet de serre (derrière la Chine), l’Arabie saoudite, la Russie, Israël, l’Iran, le Yémen, le Liberia et la Biélorussie ont également voté contre.

« La résolution inclut des demandes politiques inappropriées autour des carburants fossiles », a expliqué brièvement Tammy Bruce, l’ambassadeur américain à l’ONU. Un lien clair avec les velléités de reprise en main par les États-Unis du marché pétrolier. Vingt-huit autres pays, dont la Turquie, l’Inde, le Qatar et le Nigeria — également producteurs de pétrole — ont choisi de s’abstenir lors du vote.

Cette résolution n’est, certes, pas contraignante. Comme toutes les décisions de l’ONU, elle ne peut pas servir de base légale pour poursuivre les États qui ne s’y plieraient pas. C’est également le cas des avis consultatifs de la Cour internationale de justice (CIJ), principal organe judiciaire des Nations unies. En revanche, ces documents peuvent être invoqués par les instances nationales pour justifier d’autres décisions et politiques publiques, y compris contraignantes.

Les îles du Pacifique s’activent dans leur coin pour lutter contre le changement climatique

« Il nous faut être honnêtes les uns avec les autres sur la raison pour laquelle cette résolution est importante, a déclaré avant le vote l’ambassadeur du Vanuatu, Odo Tevi, des propos rapportés par The GuardianElle compte parce que les dangers sont réels et déjà présents, le long de nos côtes et de nos îles, et pour les communautés qui font face aux sécheresses et aux mauvaises récoltes. »

Dans le Pacifique, les États insulaires n’ont pas attendu cette résolution internationale pour prendre des mesures drastiques. À Tuvalu, situé à seulement deux mètres du niveau de la mer, un tiers de la population a déjà demandé un visa climatique à l’Australie. Le pays aura certainement disparu d’ici à 2100. Le gouvernement de Nauru a, lui, choisi de vendre des passeports locaux à de riches étrangers pour financer d’éventuels efforts de relocalisation de sa population dans les années futures.