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COP17 Désertification : l’IRD rappelle l’urgence d’agir collectivement pour la restauration durable des terres

Communiqué de presse | Marseille, le 13 août 2026

À quelques jours du lancement de la COP17 de la Convention des Nations unies de lutte contre la désertification, qui se tiendra du 17 au 28 août à Oulan Bator (Mongolie), l’Institut de recherche pour le développement (IRD) publie quatre policy briefs afin de nourrir les négociations et le dialogue sciences — politiques. À travers des travaux menés en Afrique, en Amérique latine et en Asie, les chercheurs de l’IRD mettent en évidence les conditions indispensables pour atteindre la neutralité en matière de dégradation des terres : adapter les solutions aux réalités des territoires, placer les populations locales au cœur des projets et renforcer les réseaux scientifiques capables de transformer les connaissances en actions. 

De la restauration des terres à la transformation des territoires

Lors de la COP16, en décembre 2024 à Riyad, la France a officiellement été reconnue comme pays affecté par la désertification et la dégradation des terres. Cette reconnaissance rappelle que la désertification ne concerne plus uniquement les régions sèches du Sud : elle constitue aujourd’hui un enjeu mondial, qui menace directement la sécurité alimentaire, les ressources en eau, la biodiversité et les conditions de vie des populations.

Pour atteindre la neutralité en matière de dégradation des terres, les politiques de restauration doivent donc dépasser la seule mise en œuvre de solutions techniques. Elles doivent tenir compte des dynamiques sociales, économiques et écologiques propres à chaque territoire et associer durablement les populations concernées, les décideurs, les acteurs économiques et la recherche. C’est la condition essentielle pour des politiques de restauration efficaces que met en lumière l’IRD à travers  ses 4 policy briefs.

Créer les conditions favorables aux transitions agroécologiques

« Restaurer les terres agricoles ne consiste pas simplement à promouvoir de nouvelles pratiques : il faut créer les conditions permettant aux acteurs des territoires d’expérimenter, d’apprendre et de construire des solutions adaptées à leurs contextes, en associant politiques publiques, agriculteurs, acteurs économiques, société civile et recherche. » 

Laurent Cournac, directeur de recherche, écologue


Reconnaître la mobilité comme levier d’adaptation et de gestion des écosystèmes

« Dans de nombreuses régions sèches, les mobilités des populations, notamment des peuples autochtones ou pastoraux, constituent des stratégies anciennes d’adaptation aux variations des ressources et aux changements environnementaux. Les restreindre peut fragiliser les équilibres des territoires et accélérer leur dégradation. Il est donc nécessaire de mieux prendre en compte les différentes formes de mobilité et les savoirs qui y sont associés dans les politiques de lutte contre la désertification. »

Edmond Dounias, directeur de recherche, ethnobiologiste


Combiner justice et efficacité : pour des démarches intégrées de restauration des terres

« La restauration des terres peut générer de nouvelles formes d’exclusion lorsqu’elle est conçue sans tenir compte des savoirs et des intérêts des populations locales. Elle doit se concevoir comme un projet de territoire, construit avec ceux qui vivent et travaillent dans ces espaces et non à leur détriment. »

Éric Léonard, directeur de recherche, géographe et socioéconomiste


Renforcer les réseaux de recherche et consolider les synergies entre les Conventions de Rio

« Atteindre la neutralité en matière de dégradation des terres nécessite de disposer de connaissances comparables, produites dans la durée et partagées entre les pays et les territoires. Les réseaux scientifiques jouent un rôle essentiel pour relier les réalités locales des territoires aux décisions internationales. Les soutenir, c’est donner à la science les moyens de contribuer durablement à l’action collective. »

Oumarou Malam Issa, directeur de recherche, sciences du sol

ImageImageConjoncture touristique En juillet, canicule, incendies et pouvoir d’achat freinent l’activité touristiqueJuillet 2026 a été le mois le plus chaud jamais observé en France comme en Occitanie. Ce record de chaleur a eu un impact sur la fréquentation touristique et l’activité des professionnels du secteur. Les incendies, qui ont d’abord touché les Pyrénées-Orientales avant l’Aude, le Tarn et l’Hérault en début de mois, conjugués à une baisse du pouvoir d’achat, impacté par le prix des carburants, ont aussi contribué à une baisse de l’activité touristique.En juillet 2026, 41 % des professionnels affichent leur satisfaction concernant la fréquentation touristique, (- 9 points par rapport à juillet 2025). Si les restaurateurs, les acteurs du tourisme culturel et sportif, les exploitants de campings et d’hôtels expriment une inquiétude (> 60 % de déçus) ; les gîtes et locations résistent mieux. Les destinations de montagne tirent plutôt bien leur épingle du jeu avec 54 % des professionnels y estiment la fréquentation supérieure ou équivalente à celle de juillet 2025. « Les visiteurs privilégient désormais les informations en ligne pour planifier leurs sorties au frais. La climatisation et la recherche de fraîcheur sont devenues des critères clés de choix« , confirme cet office de tourisme à la campagne. « L’écho médiatique autour des incendies du début de mois a conduit à de nombreuses annulations et a freiné temporairement les réservations », regrette cet hôtelier basé sur le littoral. « Bien que nos tarifs restent très attractifs et que nous enregistrions de nombreuses réservations de dernière minute, la fréquentation globale et le panier moyen restent modérés », souligne ce gérant de camping sur le littoral.  Globalement, le volume de nuitées touristiques, tous modes d’hébergement confondus, enregistre une variation comprise entre -3 % et -6 % comparativement à juillet 2025 (-8 % pour les hébergements locatifs). Ce repli s’explique principalement par la baisse de la clientèle française ; la fréquentation étrangère demeurant stable en juillet. La clientèle allemande est en progression à l’inverse des touristes néerlandais et britanniques. L’enquête révèle que la baisse est également ressentie chez les clientèles de groupes. A noter que les résidents d’Occitanie demeurent le premier socle de fréquentation de la région, représentant plus d’un cinquième des nuitées françaises en juillet.Alors que le début d’été s’achève sur un bilan nuancé, les acteurs du secteur comptent sur les réservations de dernière minute et entretiennent l’espoir d’un mois d’août plus satisfaisant avec 47 % des professionnels affichant un sentiment « encourageant » pour août (35 % pour septembre). Malgré un léger recul des réservations de nuit par rapport à l’année précédente (-3,6 points), le littoral confirme la solidité de son attractivité grâce à des taux d’occupation qui restent élevés.> La note de conjoncture tourisme de l’agence AD’OCCLe 7 août 2026Contact : presse@agence-adocc.com

COMMUNIQUE IRD

ImageImage  Réchauffement climatique : plus de 70 %
de l’Hexagone touché par le moustique tigre d’ici 2085
Communiqué de presse, le lundi 10 août à MarseilleLe moustique tigre asiatique (Aedes albopictus), vecteur d’arbovirus comme la dengue, le chikungunya et le Zika, s’étend rapidement en Europe. Autrefois vecteur tropical, le moustique tigre devient une menace française : il n’était présent que dans 1 département en 2004, contre 81 en 2025. Mieux anticiper son évolution et sa propagation sur le territoire est une condition nécessaire à la mise en place de stratégies de lutte adaptées. Pour la première fois, des scientifiques de l’IRD, du Cirad et de l’Abdus Salam International Centre for Theoretical Physics (ICTP) publient une étude dans Global Change Biology qui modélise à haute résolution spatiale (environ 8 km) l’impact du réchauffement climatique et des dynamiques démographiques sur l’expansion du moustique tigre en France hexagonale et le risque de transmission de la dengue à l’horizon 2085.Le réchauffement climatique accélère la propagation du moustique tigre partout en EuropeLe moustique tigre asiatique est actuellement présent dans 30 des 45 pays d’Europe (ECDC, 2025). Il progresse vers la Belgique et l’Allemagne, tandis que l’Italie, la France, l’Espagne et la Croatie voient augmenter leur nombre de cas d’arboviroses autochtones (personnes contaminées sur l’Hexagone, en opposition aux « cas importés », qui désignent des personnes contaminées avant de se rendre sur le territoire).
Plusieurs facteurs contribuent à cette propagation rapide : un transport facilité par la mondialisation, et des conditions climatiques plus favorables (des températures plus élevées augmentent la fertilité et l’espérance de vie, et accélèrent le développement des larves). Dans l’étude, les auteurs démontrent que plus de 99 % des changements à venir dans l’aire de répartition du moustique et dans le risque de transmission seront attribuables au changement climatique, tandis que les évolutions démographiques auront un rôle négligeable.Quels scénarios pour 2085 en France ?En s’appuyant sur un modèle mécaniste combinant les données climatiques, démographiques et épidémiologiques, des scientifiques ont étudié pour la première fois l’impact du changement climatique sur la répartition du moustique tigre et sur le risque de transmission de la dengue en France hexagonale jusqu’en 2085, selon deux scénarios : un scénario de fortes pressions (émissions élevées de gaz à effet de serre, forte croissance démographique) et un scénario de pressions médianes (émissions médianes de gaz à effet de serre, stagnation démographique).
D’après ces projections, le moustique tigre et la dengue devraient s’étendre partout sur l’Hexagone d’ici 50 ans sous l’effet du réchauffement climatique, sauf dans les zones de montagnes. Dans le scénario de pressions médianes, 72 % du territoire deviendrait favorable à son implantation ; entre 89 % et 96 % dans le scénario de fortes pressions.
Le risque de transmission autochtone de dengue pourrait concerner 71 à 95 % du territoire, dans le scénario le plus pessimiste. La saison de transmission s’allongerait progressivement, débutant plus tôt au printemps et se prolongeant davantage en automne. On estime même que dans certaines zones des côtes méditerranéennes et basques, le vecteur pourrait devenir actif toute l’année.
Enfin, bien que les villes hébergent davantage de moustiques, les simulations montrent que les zones périurbaines et rurales seront plus vulnérables à la transmission que les grandes villes, car chaque moustique y pique un plus petit nombre de personnes de façon répétée, augmentant le potentiel de propagation.Des informations précieuses pour des stratégies de lutte adaptéesLes données de cette étude guident l’action publique, en particulier les agences régionales de santé (ARS) et les collectivités, en identifiant les principales zones à risque à investir dans la mise en œuvre de mesures de surveillance, de prévention et de contrôle. Celles-ci sont de trois types : sanitaire (stérilisation des moustiques, mise en place de pièges ciblés, développement de vaccins et antiviraux), climatique (intégration des projections dans les plans nationaux, mise à jour des outils de prédiction météo et de surveillance, réduction des émissions de gaz à effets de serre) et de sensibilisation des citoyens aux gestes préventifs (comme l’évacuation régulière des eaux stagnantes, qui peuvent agir comme des gîtes larvaires).Bibliographie : Aedes albopictus and dengue transmission risk in France over the 21st century (Global Change Biology). Contact presse :
Joséfa Balavoine, josefa.balavoine@ird.fr, 06 08 34 41 29 À propos de l’IRDInstitut français de recherche scientifique internationale, l’IRD contribue à renforcer la résilience des sociétés face aux bouleversements globaux. Il est présent dans plus de 50 pays d’Afrique, d’Amérique latine, d’Asie et du Pacifique, ainsi qu’en France hexagonale et dans les Outre-mer.
Ses activités de recherche répondent de manière concrète à des besoins prioritaires : atténuation et adaptation aux changements climatiques, lutte contre la pauvreté et les inégalités, préservation de la biodiversité, accès aux soins, prise en compte des dynamiques sociales. Les questions de recherche sont élaborées avec les acteurs de terrain et les populations locales. Les équipes croisent les regards, les disciplines et les connaissances à travers des partenariats de long terme pour construire des solutions robustes et à fort impact.
L’IRD défend une recherche qui bénéficie au plus grand nombre. Il partage les résultats de ses projets et met la science au service de l’action. Il accompagne ainsi la transformation des sociétés vers des modèles sociaux, économiques et écologiques plus justes et durables.