Crise énergétique/ climat/intérêt national, une réaction de V Roux -Goeken pour Contexte
« La question n’est plus que climatique, elle touche désormais à l’intérêt national. » Comme un petit air de « qui aurait pu prédire », dans le courrier de Sébastien Lecornu aux membres de son gouvernement pour accélérer le mouvement en faveur de l’électricité.
(Le contenu de ce courrier, envoyé à une heure indue le 1er avril, a été dévoilé ce matin chez Contexte par les excellents Pierre Angrand-Benabdallah et Virginie Riva.)
Il était étonnant de voir Emmanuel Macron, auteur du fameux « qui aurait pu prédire », s’étonner de l’apparente rapidité de la crise climatique, annoncée depuis des décennies par tous les experts. Il est tout aussi surprenant de voir le premier ministre – ou ses services – feindre de découvrir (« désormais ») que l’électrification (décarbonée) est un sujet de souveraineté.
La crise énergétique causée par le guerre au Moyen-Orient n’est jamais que la troisième crise mondialisée en six ans, après le covid-2019 et la guerre en Ukraine. La question n’est pas de savoir s’il y en aura une quatrième, mais quelle sera la prochaine, son origine, et les dégâts causés sur nos économies.
Fait notable : Sébastien Lecornu appelle la ministre de l’Écologie Monique Barbut à « proposer les modalités d’orientation des financements existants (fonds chaleur, fonds vert, dotations d’investissement (…) afin d’accélérer la sortie de la dépendance aux énergies fossiles et la sobriété ». Depuis un mois de guerre au Moyen-Orient, ce dernier mot n’a presque jamais été prononcé par un responsable politique, alors que cette « solution » constitue à l’évidence une réponse de court-terme à la crise énergétique.
Notons que les dispositifs financiers précités ont été fortement rabotés lors des deux précédents budgets, et qu’on voit mal en quoi ils pourront avoir un important effet de levier. Mais le fait de vouloir financer la sobriété paraît être une nouveauté.
Il est frappant de constater que l’ ADEME, dont la maîtrise de l’énergie figure dans le nom, et qui trouve son origine dans le choc pétrolier de 1979, n’est pas mentionnée dans ce courrier…
