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L’arctic Metagaz , bombe en devenir en Méditerranée

C’est une bombe en devenir et pourquoi n’en parle t on pas aux actus?
L’Arctic Metagaz
, un méthanier très endommagé, dérive en Méditerranée depuis plus de deux semaines, sans aucun marin à bord. Un bateau de la flotte fantôme russe utilisé pour contourner les sanctions sur le transport d’hydrocarbures.

Personne ne s’en occupe. Qui sera responsable en cas d’affreuse pollution ? Personne n’ose s’appprocher https://www.lemonde.fr/international/article/2026/03/18/une-bombe-a-retardement-ecologique-un-methanier-russe-derive-sans-equipage-en-mediterranee_6672035_3210.html

Trois heures après ce message

Au large de l’Italie, un méthanier russe à la dérive transformé en bombe écologique Suite à une attaque Ukrainienne?

A la dérive entre Malte et l’île italienne de Lampedusa, l’«Arctic Metagaz» menace de provoquer une catastrophe écologique majeure. Endommagé par des explosions au large de la Libye, ce méthanier de la flotte fantôme russe pourrait exploser à tout moment

Le méthanier « Arctic Metagaz », à la dérive entre Malte et Lampedusa, gravement endommagé par des explosions. Une menace écologique plane sur la Méditerranée.
Le méthanier « Arctic Metagaz », à la dérive entre Malte et Lampedusa, gravement endommagé par des explosions. Une menace écologique plane sur la Méditerranée. (Photo Miguela Xuereb/Newsbook Malta/AFP)

Par Olivier Tosseri, journaliste italien a écrit le 18 mars, donc avant le papier du Monde ci dessus

Une catastrophe environnementale menace la Méditerranée. « L’«Arctic Metagaz», un méthanier russe de 277 mètres, dérive actuellement entre Malte et l’île italienne de Lampedusa. Ce navire appartient à la flotte fantôme utilisée par Moscou pour exporter ses hydrocarbures en contournant les sanctions occidentales adoptées après l’invasion de l’Ukraine.

A son bord, plusieurs centaines de tonnes de diesel et de GNL (gas naturel liquéfié). Le WWF redoute une pollution « durable de l’eau et de l’atmosphère ». Une hypothèse qui alarme particulièrement les autorités maltaises : l’approvisionnement en eau de tout l’archipel dépend des usines de dessalement d’eau de mer.

L’« Arctic Metagaz » a commencé son périple dans le port arctique de Mourmansk, au nord-ouest de la Russie, avec pour destination Port-Saïd en Egypte. Dans la nuit du 3 au 4 mars dernier, des explosions retentissent à bord, provoquant un violent incendie alors qu’il se trouve au large de la Libye. Moscou accuse l’Ukraine d’avoir mené une « attaque terroriste » via des drones navals lancés depuis les côtes libyennes. Une opération que Kiev n’a pas revendiquée, bien que son armée vise souvent les installations et les transports d’hydrocarbures russes.

L’équipage secouru

Les 30 membres d’équipage, pour l’essentiel russes, sont secourus et les autorités libyennes affirment dans un premier temps que le navire a fait naufrage. Il est en fait resté à flot, bien que gravement endommagé. Une brèche importante déchire son flanc gauche tandis que sa poupe est dévastée par les flammes. L’« Arctic Metagaz » dérive avec sa dangereuse cargaison et se situe actuellement entre Malte et les îles italiennes de Lampedusa et Linosa.

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Le ministère russe des Affaires étrangères demande aux pays situés à proximité de prendre leurs responsabilités. Les chancelleries européennes appellent quant à elles à une action rapide. La France, l’Italie et sept autres pays de l’UE se sont inquiétés « d’un risque imminent et grave de catastrophe écologique majeure au coeur de l’espace maritime de l’Union », dans un courrier adressé à la Commission européenne.

Un sabordage au large est envisagé

« C’est une bombe environnementale à retardement qui risque de causer de graves dommages », prévient Alfredo Mantovano, le sous-secrétaire à la présidence du Conseil italien. Malte a instauré une zone d’exclusion de 7 kilomètres autour du navire qui peut exploser à tout moment. »

L’épave flottante contient en effet 900 tonnes de diesel et encore plus de 700 tonnes de GNL dont une partie se serait déjà déversée en mer. Deux de ses quatre réservoirs de gaz sont encore intacts. L’Italie a mis à la disposition des autorités maltaises des techniciens ainsi que plusieurs types d’embarcations qui pourraient être destinés à réagir à la catastrophe environnementale tant redoutée. « Si Malte ou Bruxelles nous le demandaient, nous sommes prêts à intervenir dans un délai très court », a déclaré Alfredo Mantovano.

Le méthanier russe ne pourra pas accoster en toute sécurité dans un port de la péninsule, ont précisé les garde-côtes italiens. Les autorités transalpines sont en contact permanent avec celles de Malte sans avoir pour l’instant mis au point un plan d’intervention.

En attendant, trois remorqueurs patrouillent à proximité de l’« Arctic Metagaz ». Les forces militaires maltaises ne sont pas en mesure de savoir s’il sera possible de monter à bord ou de pouvoir amarrer l’épave à un des remorqueurs. Elles essaient d’identifier un lieu avec une profondeur suffisante au large pour y traîner l’épave et la saborder.

Olivier Tosseri (Correspondant à Rome)