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PROBLEMES NON RESOLUS

article de Dominique Martin Ferrari

Dans les années 80 , journaliste, je rencontrais régulièrement Serge Antoine Haut fonctionnaire en charge de l’international auMinistère de l’environnement. Ce rendez-vous assez régulier  me permettait de lister ce qu’il jugeait être «  les grands problèmes environnementaux  internationaux » IL lançait alors le Plan Bleu Méditérranée et me signala deux dossiers : « les jus noirs du pressurage des olives » et « les phosphates du golfe de Gabès » Ce n’était pas un scoop mais ces questions faisaient partie de la liste des graves problèmes Méditerranéens.

Quarante cinq ans plus tard ces deux questions restent d’actualité.

Le problème du « jus noir » (les eaux usées noires issues du pressurage ou traitement des olives) en Méditerranée n’est pas totalement “résolu” et les phosphogypse prélevés dans le golfe de gabés à des fins de transformation en phosphate induisent de graves questions de pollution atmosphérique

« Le jus noir »

Lors de la fabrication d’huile d’olive ou de certaines olives de table, on génère des eaux résiduelles très foncées et chargées en polluants (phénols, matière organique, acide, solides) — souvent appelées olive mill waste water(OMWW) ou eaux noires d’usine. Ces eaux sont très riches en composés difficiles à dégrader biologiquement et sont difficilement traitées par les systèmes d’assainissement classiques. Dans de nombreux pays méditerranéens, l’infrastructure de traitement manque encore dans beaucoup de moulins historiques ou artisanaux, et surtout là où le traitement industriel est insuffisant. Bien sûr des progrès ont été réalisés et des systèmes en amont permettent de réduire les polluants, ou même de valoriser les résidus . Mais c’est encore insuffisant.

« le phosphate dans le golfe de Gabés »

La région de Gabès accueille depuis les années 1970 l’un des principaux complexes de transformation du phosphate du pays (le Groupe Chimique Tunisien, GCT), qui transforme la roche phosphatée en engrais agricoles. L’industrie du phosphate autour de Gabès est historiquement une grande source de revenus pour la Tunisie, mais aussi une source majeure de pollution. La France a une responsabilité particulière dans cette source de pollution : d’abord c’est elle qui a « externalisée » cette industrie et ensuite elle reste un des principaux client des approvisionnements en  engrais. Dans le processus, d’énormes quantités de phosphogypse — un déchet industriel très abondant — ainsi que des rejets gazeux (soufre, ammoniaque, oxydes d’azote…) sont produits. Ce déversement quotidien s’élève à environ 12 000–15 000 tonnes/jour selon des audits et études. Le phosphogypse contient notamment des éléments radioactifs (radium) et parfois des traces de métaux lourds, qui s’accumulent sur le fond marin et altèrent gravement l’écosystème. Les émissions gazeuses et les résidus toxiques sont associés à des problèmes respiratoires, des intoxications  

La colère des habitants s’est traduite par des manifestations, grèves et protestations continues demandant des mesures drastiques voire la fermeture ou la modernisation du complexe chimique. Et récemment en Octobre 2025 : https://www.france24.com/fr/afrique/20251017-pollution-tunisie-comment-phosphate-rendu-malade-région-gabès` lorsque des images diffusées sur les réseaux sociaux avaient montré des collégiens de la région inconscients, portés à bout de bras par les pompiers, avec des masques à oxygène sur le visage.

Pourtant Gabés, Ville portuaire avait tout d’un paradis terrestre. Située aux portes du désert et à quelques encablures de la mer Méditerranée, elle abrite une oasis de 7 000 hectares – la seule oasis maritime au monde. Jusque dans les années 1960, elle bénéficiait ainsi d’une végétation luxuriante, la pêche y était fructueuse et les touristes y affluaient en nombre. L’exploitation du phosphogypse a tout détruit et même en cas d’arrêt de l’exploitation il faudrait un siècle pour que le site retrouve sa richesse

Mais cette industrie reste un emploi clé pour des milliers de personnes dans une région touchée par le chômage, rendant tout débat sur la fermeture du site très conflictuel socialement. 

Dominique Martin Ferrari
(avec infos IA)

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