Pacte vert : Omnibus ou détricotage

D’abord si le pacte Vert ou Green deal fut adopté en 2019, rappelons qu’il est le fruit d’un long cheminement politique entre la signature de la Convention climat en 1992 et son adoption. Responsable avec les Etats-Unis des principales émissions de gaz à effet de serre qui ont conduit au réchauffement climatique, l’Europe adopte une série de propositions, 54 lois du droit européen qui doivent ériger l’Europe en leader mondial
de la lutte climatique.
L’objectif final du Pacte Vert étant de positionner l’Europe comme le premier continent climatiquement neutre d’ici 2050.
Inquiets de perdre encore du terrain dans la course à la croissance, les Vingt-Sept ont été tentés de s’en prendre au Green Deal. En 2025, sous la pression de la droite et de l’extrême droite, de la colère paysanne, l’UE a reculé sur plusieurs de ses législations au nom de la compétitivité et a proposé une loi « omnibus » qui allège les mesures sociales et environnementales. On assiste à une série de « chocs de simplification » en faveur des entreprises de la Directive sur les rapports d’entreprise sur le développement durable (CSRD), la Directive sur le devoir de diligence en matière de développement durable (CSDDD) et le Règlement de l’UE sur la taxonomie. Une coalition de huit ONG a déposé une plainte formelle auprès de la Médiatrice européenne, condamnant le caractère non démocratique, opaque et précipité du processus par lequel la Commission européenne a élaboré la proposition Omnibus.
Abandonner la stratégie de 2019 c’est évidemment dérailler d’une trajectoire de développement écologiquement crédible, mais c’est aussi renoncer à une influence géopolitique renouvelée et innovante et à la seule façon de concevoir la compétitivité de demain. La Chine prendra sans doute le relais à notre détriment…
