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Mesurer et développer la bioéconomie : état des lieux et pistes d’action

Qu’est-ce que la bioéconomie et pourquoi intéresse-t-elle notre développement économique ?

Le concept de bioéconomie est né dans les années 70 à l’initiative de Nicolas Georgescu-Roegen pour assurer une compatibilité entre l’économie et le vivant appliqué à l’origine à la pêche. Vers 1990, la bioéconomie s’est rapprochée des biotechs pour couvrir ensuite, dans la stratégie européenne de 2012, les aliments, les produits biosourcés et la bioénergie. La nouvelle stratégie pour la bioéconomie, présentée le 27 novembre 2025 à Bruxelles, vise à stimuler la croissance verte**, la** compétitivité et la résilience dans toute l’Europe. Il s’agit pour l’Union de s’inscrire dans une économie circulaire et décarbonée réduisant la dépendance aux importations fossiles.

Que représente aujourd’hui cette économie et que pourrait-elle représenter demain ?

Aujourd’hui, il s’agit d’utiliser nos ressources biologiques dans les domaines agricoles**, sylvicoles, de la pêche, de l’aquaculture,** mais aussi de la transformation et de l’utilisation de la biomasse et des biotechnologies. En 2023, le secteur représentait 2,7 billions d’euros et un peu plus de 17 000 000 emplois, soit 8 % de l’emploi européen. Pour la Commission, chaque emploi créé en bioéconomie crée 3 emplois indirects dans l’Union. À titre d’exemple, le rôle des algues est croissant à la fois pour fabriquer des produits biosourcés (médicaments, cosmétiques), mais aussi des biocarburants de 3e génération sans même s’intéresser aux capacités régénératives des algues pour les milieux pollués.

Comment développer plus et mieux ces activités à la fois dans un but économique mais aussi de décarbonisation ?

Comme dans bien d’autres domaines, il s’agit de favoriser l’innovation et les investissements par un système réglementaire approprié et la mise en place d’un groupe de déploiement des investissements dans la bioéconomie pour créer une réserve de projet et partager les risques**. Dans** cet objectif, la Commission a recensé les marchés innovants pour les secteurs biosourcés, tels que les plastiques, les fibres, les textiles, les produits chimiques, les engrais, les phytopharmaceutiques, les matériaux de construction**,** les bioraffineries, la fermentation avancée et le stockage permanent de carbone biogénique. La stratégie propose de mettre en place une alliance pour une Europe biosourcée rassemblant les entreprises de l’UE pour qu’elles achètent effectivement des solutions biosourcées d’une valeur de 10 milliards d’euros d’ici 2030.

Dans cet objectif, l’Europe a déjà créé en juillet 2025, au sein du Fonds européen pour la compétitivité, un volet consacré à la santé, aux biotechnologies, à l’agriculture et à la bioéconomie. Ce fonds de 20 milliards d’euros doit mobiliser les investissements à grande échelle. Il s’agit également de prioriser l’utilisation de la biomasse en sériant les usages, d’abord pour l’alimentation puis les biomatériaux et la bioénergie en dernier lieu.

La bioéconomie est ainsi destinée à devenir un des maillons majeurs de l’économie circulaire.

Corinne LEPAGE

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