La Réunion : Le bioclimatique remplacera-t-il la clim ? Superbe initiative

La transformation de l’aéroport Roland-Garros a franchi un cap avec l’inauguration de sa nouvelle aérogare ouest. Cette extension marque une rupture dans la manière de penser et construire une infrastructure aéroportuaire en milieu tropical. C’est un projet d’envergure internationale qui prend forme, mêlant ingénierie de pointe et adaptation au climat. Ici le vent remplace la climatisation. À Roland-Garros, le confort thermique passe par une intelligence climatique intégrée à l’architecture.
Le secret ? Une toiture courbée inspirée du relief du Piton des Neiges, et un « canyon central » végétalisé qui scinde le bâtiment en deux ailes. Ce chantier n’est pas une importation de savoir-faire extérieur. Il est réunionnais dans sa conception, dans sa mise en œuvre, et dans son ambition. Près de 91 % des entreprises mobilisées sont locales, avec une forte implication de la filière bois. Le choix technique, inspiré de la tradition vernaculaire, repose aussi sur des modélisations complexes. Une maquette à l’échelle 1/150 a été testée à la Soufflerie Jules Verne de Nantes, afin de valider les flux de dépression naturelle. Les résultats ont dépassé les attentes : plus de 30 volumes d’air renouvelés par heure. Cela place le bâtiment au niveau des meilleures normes d’aération hygiénique, tout en restant à l’écoute de son environnement naturel. Les économies d’énergie sont à la hauteur : 300 000 euros par an économisés, soit l’équivalent de la consommation de plus de 500 foyers. Ce projet pionnier ne se limite pas à sa réussite technique. Il incarne une nouvelle façon de construire en partant du climat, des ressources locales, et des usages réels.
