Black out Espagne
Quinze gigawatts (GW), l’équivalent de 60 % de la demande en électricité du pays, évaporés en 5 secondes. L’Espagne a connu un effondrement sans précédent de son réseau électrique, lundi 28 avril, qui s’est propagé au Portugal voisin. Immédiatement les pronucléaires ont profité de l’occasion offerte pour critiquer le plan énergie renouvelable que l’Espagne venait de fêter une semaine auparavant. Très rapidement Térésa Ribeira ancienne ministre de l’environnement, mère du passage aux ENR devenue commissaire européenne de la TE a été mise en cause : « si elle transcrit en Europe son schémas espagnol, voilà ce qui nous attend » Mais à ce jour l’idée de la non pilotabilité des ENR avancée par les nucléocrates n’est plus mise en avant d’autant que le nucléaire ne présente guère de souplesse non plus.. Dans les minutes qui ont précédé l’incident, le photovoltaïque et l’éolien produisaient 71% de l’électricité consommée en Espagne, contre 40% en temps normal. Les sept réacteurs nucléaires étaient à l’arrêt, les centrales thermiques à flamme ne produisaient que 12%, soit deux points de mieux que les centrales hydroélectriques.
A ce jour , la cause de l’ événement reste encore inconnue, attentat et cyberattaque ont été écartés et l’on s’oriente plutôt vers des défaillances techniques ou structurelles Il semblerait que la panne résulte de la vétusté du réseau : les réseaux électriques datant des années 70 sont vieillissants « Un blackout affectant une large partie du territoire est une situation rarissime », a rappelé RTE dans un communiqué, mardi 29 avril. Mais une défaillance locale peut entraîner des dégâts en cascade car nous sommes de plus en plus interconnectés entre états européens. Un grand réseau permet de mutualiser des moyens de production Mais plus le réseau s’étend et plus il gagne en complexité et devient vulnérable. L’essor des énergies
renouvelables, qui se sont d’abord déployées de manière diffuse — du moins dans les années 2000-2010 —, bouleverse un système pensé et conçu pour de grosses unités de production.
Alors faut-il revenir en arrière et revenir à des petits réseaux ?
Pas vraiment disent les chercheurs. S’il est nécessaire de réfléchir à plus de décentralisation, les opérateurs de transport et de distribution visent clairement un renforcement du réseau en mode smart grid » [réseau intelligent] avec une plus grande utilisation de l’IA.
Reste une vertigineuse question : la réappropriation par la population des usages énergétiques et sur ce point nous avons beaucoup à apprendre des DOM où la population est directement concernée par la gestion de l’offre et de la demande.
Pour en savoir plus
https://usineages.fr/espagne-ce-que-lon-peut-dire-du-black-out/?utm_source=mailpoet&utm_medium=email&utm_source_platform=mailpoet&utm_campaign=test-newsletter-version-premium-4
https://divergence-fm.org/podcasts/black-out-en-espagne/
