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Le Maroc et les énergies renouvelables

Cela se passe assez discrètement mais les relations entre la France et le Maroc sur le plan de la transition énergétique sont au beau fixe. Marrackech vient d’être le théâtre du World Power-to-x summit , dédié au développement des solutions d’accélération de la transition énergétique : l’hydrogène vert, les biocarburants ou l’ammoniac décarboné ainsi que toute la chaine de valeur : production d’électricité verte, infrastructure,
dessalement, stockage.

AD’OCC, HyDeo et la maison de la Région Occitanie au Maroc participent à cet événement qui rassemble les leaders internationaux des énergies renouvelables.

De son côté, le Montpellierain Jean Michel GERMA œuvre avec Driss Benhima, administrateur de la société Nataeej et ancien Ministre de l’Energie et des Transports du Maroc et wali du grand Casablanca. JM Germa est président de Soper et fondateur en 2023 de MGH Energy Maroc , filiale de MGH Energy. Cette entreprise a pour objectif de participer à la transformation du Maroc en acteur incontournable de la transition énergétique. Dans le cadre de l’Offre Maroc pour l’hydrogène, MGH Energy avait signé entre la France et le Maroc un Contrat Pré liminaire de réservation du foncier pour le projet « Chbika ». Situé prè s de la cô te atlantique dans la région de Guelmim- Oued Noun. Le projet « Chbika » vise à construire 1 GW de capacités solaires et éoliennes terrestres qui alimenteront la production d’hydrogène vert par électrolyse d’eau de mer
dessalée et sa transformation en 200 000 tonnes par an d’ammoniac vert à destination du marché européen. Ce projet constituera la première phase d’un programme de développement visant à créer un centre de production d’hydrogène vert de taille mondiale.

Le Maroc porte notamment l’ambitieux projet Janassim consistant à développer, construire et exploiter une usine de production de carburants de synthèse renouvelables dans la région de Dakhla-Oued Ed-Dahab.

L’IA : un fléau énergétique (source FUTURA)

Alors que les data centers dévorent déjà 4,4 % de l’énergie américaine, les projections indiquent une croissance fulgurante. La demande énergétique des systèmes d’IA représente une rupture majeure avec les tendances précédentes. Entre 2005 et 2017, malgré l’explosion des services cloud, la consommation électrique des centres de données était restée stable grâce aux avancées en efficacité énergétique, la
consommation électrique des data centers a doublé entre 2017 et 2023. Plus inquiétant encore, l’intensité carbone de cette électricité dépasse de 48 % la moyenne nationale américaine. Contrairement aux idées reçues, ce n’est pas l’entraînement initial des modèles qui constitue la principale dépense énergétique de l’IA, mais bien leur utilisation quotidienne par les utilisateurs, un processus appelé « inférence ». Face à
cette explosion de la demande énergétique, les géants technologiques déploient des stratégies d’une ampleur sans précédent :

  • Meta et Microsoft travaillent à l’activation de nouvelles centrales nuclé aires.
  • OpenAI a lancé l’initiative Stargate avec un budget de 500 milliards de dollars.
  • Apple prévoit d’investir 500 milliards de dollars dans la fabrication et les centres
    dedonnées.
  • Google compte dé penser 75 milliards de dollars pour l’infrastructure IA en 2025.

Selon les projections du Lawrence Berkeley National Laboratory, d’ici 2028, plus de la moitié de l’électricité consommée par les centres de données sera dédiée à l’IA. A| ce stade, Cette situation soulève des questions fondamentales sur l’équité et la durabilité d’une technologie dont l’utilité reste à prouver dans de nombreux domaines. Face à cette réalité, les scientifiques, les installations de recherche financées par le gouvernement et les activistes appellent à davantage de transparence sur l’impact environnemental ré el de l’IA.

Addis-Abeba, deuxième Sommet africain sur le climat avant la COP30 (BELEM)

Le sommet a annoncé un investissement de 50 milliards de dollars à travers le Pacte pour l’innovation climatique en Afrique (ACIC) et le Fonds africain pour le climat (ACF), afin de financer des solutions climatiques locales ; ainsi qu’un engagement de 100 milliards de dollars provenant d’institutions financières africaines et d’institutions de financement du développement (DFI) pour soutenir les plans d’industrialisation verte du continent, illustrant la mobilisation croissante des ressources financières locales en faveur des énergies renouvelables et de la transition écologique.

Dans la Déclaration finale d’Addis-Abeba, les dirigeants ont également fixé leurs priorités pour la COP30 au Brésil, qui, selon eux, doit apporter des clarifications sur la mise à disposition de financements climatiques de qualité pour les pays en développement, confrontés à l’aggravation de la crise de la dette liée aux conséquences du changement climatique. La COP30 devrait aboutir à un nouvel objectif mondial sur
l’adaptation conformément aux principes d’équité et de responsabilités communes mais différenciées. L’Afrique a besoin d’environ 579 milliards de dollars d’ici 2030 pour l’adaptation seule.

Pacte vert : Omnibus ou détricotage

D’abord si le pacte Vert ou Green deal fut adopté en 2019, rappelons qu’il est le fruit d’un long cheminement politique entre la signature de la Convention climat en 1992 et son adoption. Responsable avec les Etats-Unis des principales émissions de gaz à effet de serre qui ont conduit au réchauffement climatique, l’Europe adopte une série de propositions, 54 lois du droit européen qui doivent ériger l’Europe en leader mondial
de la lutte climatique.

L’objectif final du Pacte Vert étant de positionner l’Europe comme le premier continent climatiquement neutre d’ici 2050.

Inquiets de perdre encore du terrain dans la course à la croissance, les Vingt-Sept ont été tentés de s’en prendre au Green Deal. En 2025, sous la pression de la droite et de l’extrême droite, de la colère paysanne, l’UE a reculé sur plusieurs de ses législations au nom de la compétitivité et a proposé une loi « omnibus » qui allège les mesures sociales et environnementales. On assiste à une série de « chocs de simplification » en faveur des entreprises de la Directive sur les rapports d’entreprise sur le développement durable (CSRD), la Directive sur le devoir de diligence en matière de développement durable (CSDDD) et le Règlement de l’UE sur la taxonomie. Une coalition de huit ONG a déposé une plainte formelle auprès de la Médiatrice européenne, condamnant le caractère non démocratique, opaque et précipité du processus par lequel la Commission européenne a élaboré la proposition Omnibus.

Abandonner la stratégie de 2019 c’est évidemment dérailler d’une trajectoire de développement écologiquement crédible, mais c’est aussi renoncer à une influence géopolitique renouvelée et innovante et à la seule façon de concevoir la compétitivité de demain. La Chine prendra sans doute le relais à notre détriment…

La Réunion : Le bioclimatique remplacera-t-il la clim ? Superbe initiative

La transformation de l’aéroport Roland-Garros a franchi un cap avec l’inauguration de sa nouvelle aérogare ouest. Cette extension marque une rupture dans la manière de penser et construire une infrastructure aéroportuaire en milieu tropical. C’est un projet d’envergure internationale qui prend forme, mêlant ingénierie de pointe et adaptation au climat. Ici le vent remplace la climatisation. À Roland-Garros, le confort thermique passe par une intelligence climatique intégrée à l’architecture.
Le secret ? Une toiture courbée inspirée du relief du Piton des Neiges, et un « canyon central » végétalisé qui scinde le bâtiment en deux ailes. Ce chantier n’est pas une importation de savoir-faire extérieur. Il est réunionnais dans sa conception, dans sa mise en œuvre, et dans son ambition. Près de 91 % des entreprises mobilisées sont locales, avec une forte implication de la filière bois. Le choix technique, inspiré de la tradition vernaculaire, repose aussi sur des modélisations complexes. Une maquette à l’échelle 1/150 a été testée à la Soufflerie Jules Verne de Nantes, afin de valider les flux de dépression naturelle. Les résultats ont dépassé les attentes : plus de 30 volumes d’air renouvelés par heure. Cela place le bâtiment au niveau des meilleures normes d’aération hygiénique, tout en restant à l’écoute de son environnement naturel. Les économies d’énergie sont à la hauteur : 300 000 euros par an économisés, soit l’équivalent de la consommation de plus de 500 foyers. Ce projet pionnier ne se limite pas à sa réussite technique. Il incarne une nouvelle façon de construire en partant du climat, des ressources locales, et des usages réels.

Black out Espagne

Quinze gigawatts (GW), l’équivalent de 60 % de la demande en électricité du pays, évaporés en 5 secondes. L’Espagne a connu un effondrement sans précédent de son réseau électrique, lundi 28 avril, qui s’est propagé au Portugal voisin. Immédiatement les pronucléaires ont profité de l’occasion offerte pour critiquer le plan énergie renouvelable que l’Espagne venait de fêter une semaine auparavant. Très rapidement Térésa Ribeira ancienne ministre de l’environnement, mère du passage aux ENR devenue commissaire européenne de la TE a été mise en cause : « si elle transcrit en Europe son schémas espagnol, voilà ce qui nous attend » Mais à ce jour l’idée de la non pilotabilité des ENR avancée par les nucléocrates n’est plus mise en avant d’autant que le nucléaire ne présente guère de souplesse non plus.. Dans les minutes qui ont précédé l’incident, le photovoltaïque et l’éolien produisaient 71% de l’électricité consommée en Espagne, contre 40% en temps normal. Les sept réacteurs nucléaires étaient à l’arrêt, les centrales thermiques à flamme ne produisaient que 12%, soit deux points de mieux que les centrales hydroélectriques.
A ce jour , la cause de l’ événement reste encore inconnue, attentat et cyberattaque ont été écartés et l’on s’oriente plutôt vers des défaillances techniques ou structurelles Il semblerait que la panne résulte de la vétusté du réseau : les réseaux électriques datant des années 70 sont vieillissants « Un blackout affectant une large partie du territoire est une situation rarissime », a rappelé RTE dans un communiqué, mardi 29 avril. Mais une défaillance locale peut entraîner des dégâts en cascade car nous sommes de plus en plus interconnectés entre états européens. Un grand réseau permet de mutualiser des moyens de production Mais plus le réseau s’étend et plus il gagne en complexité et devient vulnérable. L’essor des énergies
renouvelables, qui se sont d’abord déployées de manière diffuse — du moins dans les années 2000-2010 —, bouleverse un système pensé et conçu pour de grosses unités de production.
Alors faut-il revenir en arrière et revenir à des petits réseaux ?
Pas vraiment disent les chercheurs. S’il est nécessaire de réfléchir à plus de décentralisation, les opérateurs de transport et de distribution visent clairement un renforcement du réseau en mode smart grid » [réseau intelligent] avec une plus grande utilisation de l’IA.
Reste une vertigineuse question : la réappropriation par la population des usages énergétiques et sur ce point nous avons beaucoup à apprendre des DOM où la population est directement concernée par la gestion de l’offre et de la demande.


Pour en savoir plus
https://usineages.fr/espagne-ce-que-lon-peut-dire-du-black-out/?utm_source=mailpoet&utm_medium=email&utm_source_platform=mailpoet&utm_campaign=test-newsletter-version-premium-4

https://divergence-fm.org/podcasts/black-out-en-espagne/

L’UNOC3

De nombreuses questions restent à régler, mais le monde ne pouvait se tourner vers l’océan et en assurer
la protection en un jour. Le pari est en partie gagné : réunions préparatoires et réunion onusienne ont
accumulé leurs lots d’engagements. Aux Etats et enceintes intergouvernementales d’en assurer la mise en
œuvre. L’objectif initial de la conférence visait à évaluer et soutenir la mise en œuvre de l’Objectif de
développement durable 14, et d’accélérer certains dossiers clés. L’océan ne fait plus partie des grands
oubliés. Restent à traduire les paroles en acte puisque l’appel de Nice n’avait rien de contraignant, mais
soixante chefs d’état étaient présents et la participation impressionnante. On s’étonne d’ailleurs de voir le
peu d’intérêt de l’Occitanie face à la mobilisation de PACA. Nous ne devons pas partager la même
Méditerranée !
Par contre si ,sur le plan multilatéral, le protocole BBNJ (traité haute mer) entre en action et qu’une
première COP océan a lieu en 2026, les ingrédients sont dans la corbeille des décisions ; Impossible de
dire : on ne savait pas ; enfin l’océan bien commun de l’humanité peut échapper aux pirates, aux farwest
au Res Nullus. Reste à le vouloir.
Dans un contexte géopolitique complexe, la Troisième Conférence des Conférence des Nations
unies sur l’océan a donné des signaux clairs et positifs de soutien au multilatéralisme et à la
coopération internationale autour des enjeux liés à la protection des mers et des côtes
Vous retrouverez dans https://www.enmetamorphose.com le détail des engagements et voici un
court bilan dressé par l’IDDRI et son groupe d’experts sous la plume de Julien Rochette « Sur le
plan national,
plusieurs pays et territoires ont annoncé l’extension de leurs réseaux d’aires marines
protégées (Espagne, Tanzanie, Chili, Portugal, Polynésie française, etc.). D’autres se sont engagés pour une
régulation plus forte des activités humaines, comme la Grande-Bretagne qui a interdit le chalutage de fond
dans 41 de ses aires protégées. La science a également occupé une place centrale, avec le lancement officiel
de la Plateforme International pour la durabilité de l’océan (IPOS), de la mission Neptune, programme
d’exploration scientifique, ou encore de Space4Ocean, coalition destinée à mettre les technologiques spatiales
au service de la surveillance du milieu marin. Le secteur privé s’est également engagé, en particulier dans les
domaines du transport maritime et des ports, du secteur financer et du tourisme durable. Une coalition des villes et régions côtières a par ailleurs été lancée pour répondre aux défis d’adaptation auxquelles elles font face. »